-ouser


-ouser

⇒-OUSE, -OUZE, -OUSER, -OUZER, suff.
Suff. formateurs de mots de la lang. arg. ou pop.
I.-ouse/-ouze. [Suff. formateur de subst. fém. et d'adj.]
A. —[Suff. formateur de subst. fém.; la base est un subst.] V. barbouze, gal(e)touse, partouse, perlouse (rem. s.v. perle) et aussi:
bag(u)ouse, (bagouse, baguouse)bag(u)ouze.(bagouze, baguouze) Bague. Pendentifs, colliers, bagouses (LE BRETON, Rififi, 1953, p.63).
cavouze. Cave (à vin). Tu peux (...) vider toute la cavouze (STOLLÉ, Contes, Barbe-bleue, 1947, p.1).
centrouse, centrouze. (Prison) centrale. En centrouze (...) où il tirait dix berges (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p.203).
cravetouse. Cravate (avec dissimilation du second a). Il porte un beau costume gris, une belle chemise bleue, une belle cravetouse marine dans laquelle est piquée une perle (SAN ANTONIO, Champagne pour tout le monde!, 1981, p.34).
fouillouse. Poche (de vêtement). Synon. plus usuel fouille2. De temps en temps je vidais une fouillouse (HUGO, Dern. jour condamné, 1829, p.100).
B. —[Suff. formateur d'adj.]:
bathouze. Bath (beau, belle). Alors moi tout de même ça ne serait pas volé si j'arrivais à en avoir une de bagnole et une bathouze (QUENEAU, Enf. limon, 1938, p.66). Il est bathouze tout plein, avec ses lunettes de soudeur (...) au-dessus de ses yeux (SAN ANTONIO, Vol au-dessus d'un lit de cocu, 1978, p.93).
Rem. Piquouse ou piquouze est peut-être dér. de piqûre ou déverbal de piquouser, piquouzer. Pour ces mots, v. piqûre rem.
II.-ouser/-ouzer. [Suff. formateur de verbes]
matouser (mat-, de mater2), verbe trans. Regarder, épier. Je me suis encore avancé [à travers le jardin], pour mieux matouser à travers les raies des volets (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953 p.29).
planquouser, planquouzer, verbe trans. Cacher, dissimuler. Planquouze-le [le sac de diamants] jusqu'à ce que Jo soit de retour (LE BRETON, Rififi, 1953 p.66). Empl. pronom. réfl. Où qu'on va [pour fuir la police]? (...) Pas question d'aller se planquouzer chez toi ni chez moi. Les matons y sont (LE BRETON, Razzia, 1954, p.178).
Rem. À part fouillouse qui apparaît en 1546 au sens de «bourse», et dès 1455 sous la forme feullouze (v. fouille2 étymol.), le suff. -ouse/-ouze semble surtout vivant au XIXe et au XXe s., mais son empl. est la plupart du temps limité à l'arg. Il représente vraisemblablement une forme anc. de -euse (v. -eur2/-euse), conservée dans les patois, notamment du Centre et de l'Ouest, auxquels il a pu être empr. au XIXe s.
Prononc. et Orth.:[-u:z], [-uze]. Les graph. avec -s- ou -z- semblent être empl. indifféremment. Bbg. BOTTKE (K. G.). The -ouse suffix in modern Fr. argot. Orbis. 1960, t.9, pp.114-115. —GEBHARDT (K.). Trois suff. d'empr. en fr. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1975, t.13, n° 1, pp.90-96.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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